19 octobre 2007

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C'est la troisième nuit que je passe chez S. Il m'a baisée trois fois, lui dit "faire l'amour", mais moi je ne peux pas dire ça. Il est sauvage, il me blesse à chaque fois, la violence avec laquelle il retient mes mains dans mon dos ou au-dessus de ma tête pour que je ne puisse pas bouger me rend folle. Il me griffe, me mord, m'attire et me repousse, ne me laisse aucun répit, jusqu'à ce que je jouisse, douloureusement, honteusement. Contrairement aux autres hommes que j'ai connus, il ne s'occupe jamais de son plaisir, ne se relâche que lorsque je suis à la limite de la conscience.

Tout de suite après, S. devient tout à fait différent, me prend dans ses bras, regarde mon visage, caresse mes joues, mon cou et remonte dans mes cheveux courts. Il constate le contraste de nos couleurs de peau, me dit que je suis belle, m'embrasse. Toute la nuit, il me tient serrée contre lui, il s'en fout que la sueur adhère à nos peaux, il prend ma main dans la sienne. Jamais il ne me repousse de l'autre côté du lit, jamais il ne sursaute quand je parcours tout son corps ocre de mes mains pâles. Jusqu'au moment où je tombe de sommeil, je touche ses muscles fins et courts, la ligne de ses épaules et de ses clavicules, sa chevelure frisée et dense. Malgré tout je suis infiniment touchée par sa tendresse.

Posté par Soimmature à 13:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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