soimmature

13 novembre 2007

3

Aujourd'hui j'ai reçu un paquet. C'est un collier que S. m'a ramené du Brésil. Depuis qu'il est rentré, je n'ai plus répondu à aucun de ses messages. Le collier ne me plait pas, pourtant trois fois dans la journée, je l'ai mis à mon cou. Il ne va pas avec mon teint, ni avec mes cheveux, mais il est lourd et me rappelle la main de S. qui me poussait en arrière lorsque je le chevauchais.
J'ai de la peine à comprendre pourquoi S. me poursuit de sa gentillesse alors que je l'en croyais d'abord dépourvu. Je ne voulais pas une histoire à ce moment-là. J'étais avec quelqu'un, je suis avec quelqu'un.

Pourtant, il y a quelques jours, je suis entrée dans une parfumerie pour vaporiser sur mon pull le parfum de S. Il y est encore, tenace, comme la mémoire de ses yeux sombres.

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29 octobre 2007

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S. m'a mise à nue, complètement.

"Tu n'es pas la punk dont tu donnes l'image. Tu n'es pas aussi forte, en fait tu es très timide. Je l'ai compris vendredi matin quand les lycéens nous posaient des questions. Tu étais terriblement tendue parce que tu parlais de choses qui te tenaient à coeur. En fait tu es tendre et fragile."

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19 octobre 2007

1

C'est la troisième nuit que je passe chez S. Il m'a baisée trois fois, lui dit "faire l'amour", mais moi je ne peux pas dire ça. Il est sauvage, il me blesse à chaque fois, la violence avec laquelle il retient mes mains dans mon dos ou au-dessus de ma tête pour que je ne puisse pas bouger me rend folle. Il me griffe, me mord, m'attire et me repousse, ne me laisse aucun répit, jusqu'à ce que je jouisse, douloureusement, honteusement. Contrairement aux autres hommes que j'ai connus, il ne s'occupe jamais de son plaisir, ne se relâche que lorsque je suis à la limite de la conscience.

Tout de suite après, S. devient tout à fait différent, me prend dans ses bras, regarde mon visage, caresse mes joues, mon cou et remonte dans mes cheveux courts. Il constate le contraste de nos couleurs de peau, me dit que je suis belle, m'embrasse. Toute la nuit, il me tient serrée contre lui, il s'en fout que la sueur adhère à nos peaux, il prend ma main dans la sienne. Jamais il ne me repousse de l'autre côté du lit, jamais il ne sursaute quand je parcours tout son corps ocre de mes mains pâles. Jusqu'au moment où je tombe de sommeil, je touche ses muscles fins et courts, la ligne de ses épaules et de ses clavicules, sa chevelure frisée et dense. Malgré tout je suis infiniment touchée par sa tendresse.

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